Danü Danquigny

Le messie du polar !

Alors, j'ai le plaisir et l'honneur de vous présenter celui qui pour moi a le plus gros potentiel "polardien", il est à l'aise dans la nouvelle, les courts romans aussi appelés novellas et surtout dans le roman tout court ! J'ai eu la chance de lire son manuscrit et j'ai rarement lu quelque chose d'aussi bon, vous ne pourrez pas dire que vous n'étiez pas prévenus ! Pour parler de lui, je le laisse faire, ça aussi il le fait comme un chef, "come on" Danü !

 

"L’écriture est une maladie infantile, je l’ai attrapée comme d’autres chopent les oreillons. Ça m’a laissé le temps d’essayer différent supports et formats : poésie, nouvelles, chansons, roman court, roman tout court, scénarii… Et ça doit bien faire dix ans que je n’avais pas écrit une nouvelle, m’attelant de préférence à des travaux de plus longue haleine. Mais c’est presque toujours pareil.D’abord il y a l’idée, elle survient un peu par accident, au détour d’une conversation, d’une ballade, d’un paragraphe. Si elle me plait, je joue avec, je tourne autour, je la malaxe. Je la laisse vieillir un peu pour voir si elle se bonifie ou devient de la piquette. Quand j’en viens à savoir ce que je vais en dire, de cette idée, je me demande comment je vais le raconter. J’ai à côté de mon lit un petit bouquin qui réunit les deux différentes versions publiées du Horla, de Maupassant. Dans la première, un cercle de professionnels se réunit pour entendre le témoignage d’un patient qui leur raconte sa cohabitation involontaire avec cet « autre ». C’est une bonne nouvelle. Dans la seconde, l’auteur rapporte cette inquiétante présence, mais cette fois sous la forme d’un journal intime. C’est le chef d’œuvre que tout le monde connaît. C’est exactement la même histoire, mais l’éclairage porté dessus donne au mystère une dimension angoissante.Quand j’ai décidé que je tiens mon idée et mon (mes) angle(s) narratif(s), j’établis un plan détaillé, un mini-synopsis qui est à la fois le fil rouge que je garderai en ligne de mire pendant la rédaction et un élément qui ne va cesser de subir des modifications au fil de l’écriture. La trame ne peut pas être figée avant que l’histoire ne soit racontée, sinon ça ne sert à rien de l’écrire.Alors seulement, je m’attaque à l’écriture à proprement parler. J’ai bien quelques phrases ou paragraphes, pondus à l’envolée, notés ici ou là, mais pour l’essentiel j’attends cette étape pour donner de la chair au récit. D’abord à la main, sur un cahier d’écolier, plus pratique à trimballer. Et enfin, je le passe à la bécane, ça me donne l’occasion d’une réécriture.


J’ai un boulot, une famille, une vie sociale, et je ne fais pas partie de ces gens qui ont la chance de pouvoir se couper du monde pendant quinze jours ou trois semaines pour écrire. Je crois en revanche beaucoup au rythme. J’écris tous les jours. Parfois vingt minutes, parfois trois heures. Plus souvent autour d’une heure. Mais tous les jours. "

Source "Mille Saisons"